Amnesty Burkina sensibilise les jeunes scolaires sur les grossesses non désirées.

Dans le cadre de la campagne « Mon corps, mes droits », le Groupe Nasso a réalisé une projection de film suivie de débats le 12 mai 2018. Cette activité qui a mobilisé cinquante-six (56) élèves du lycée Savorgnan de Brazza de Bobo-Dioulasso a permis de sensibiliser les jeunes sur les risques des grossesses non désirées en milieu scolaire.

Au cours des échanges, les participants ont exprimé leurs préoccupations quant à l’absence d’informations fiables, confidentielles et de qualité relatives à la santé sexuelle et reproductive ainsi que le tabou qui continue d’entourer l’éducation sexuelle au sein des familles.

Cette activité a donc permis aux membres d’Amnesty de discuter de la disponibilité et de l’accessibilité des informations en matière de droits sexuels et reproductifs avec les élèves et surtout de partager avec eux les actions menées par le mouvement tant sur le plan du plaidoyer que de la sensibilisation des communautés en vue de promouvoir efficacement les droits sexuels et reproductifs dans le pays.

Complément d’informations :

Les femmes et les filles au Burkina Faso ne sont pas les décideuses quand il s’agit de leurs droits sexuels et reproductifs.

Moins de 16 % des femmes ont recours à une méthode moderne de contraception, contribuant fortement au fait que près de 30 % des filles et des jeunes femmes de 15 à 19 ans en milieu rural sont enceintes ou ont déjà eu leur premier enfant.

Le Burkina Faso a l’un des taux les plus bas d’utilisation de la contraception chez les femmes dans le monde. Il a également l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde. Au moins 2 800 femmes meurent en couches chaque année au Burkina Faso – un chiffre qui pourrait être réduit d’un tiers avec un meilleur accès à la contraception selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

A 19 ans, la plupart des filles sont mariées, et près de la moitié d’entre elles sont déjà mères.

Quelques femmes ont signalé avoir reçu la permission ou le soutien de leur mari, mais la plupart des 379 femmes et filles que nous avons rencontrées ont confié devoir utiliser la contraception en cachette. De nombreuses femmes ont expliqué leurs préférences pour des méthodes plus discrètes, comme l’implant ou l’injection contraceptive, même si elles sont plus onéreuses que la pilule, le préservatif féminin ou d’autres méthodes.

Les hommes refusent souvent d’utiliser la contraception ou permettent à leurs épouses ou partenaires d’utiliser la contraception.

La distance et le coût sont également des obstacles majeurs aux femmes et aux filles à l’accès aux biens de contraception, des services et des informations. Dans les zones rurales, les femmes doivent parcourir de longues distances pour atteindre des établissements de soins primaires de santé et de payer pour les biens et services. La proportion de personnes vivant à plus de 10 km d’un centre de santé représente moins de 1 % dans la région du Centre, mais elle s’élève à 28 % dans les zones plus rurales de la Région du Centre-Nord et à plus de 47 % dans la région du Sahel.

Le manque d’information est aussi un problème rencontré par de nombreuses femmes et jeunes filles que nous avons rencontrées,  qui nous ont dit que souvent ils ont découvert sur la contraception après la naissance d’un enfant.

Elles n’ont jamais été à l’école ou pour seulement de courtes périodes et qu’elles n’ont pas été sensibilisées en santé sexuelle et reproductive dans le cadre des programmes d’information et d’éducation communautaires. Le manque d’informations fiables et rigoureuses peut conduire à alimenter des croyances, de la désinformation et des rumeurs qui mettent à mal le recours à la contraception. Un certain nombre d’hommes interviewés par Amnesty International ont avancé différentes croyances pour expliquer leur opposition à la contraception. En effet, certains croient que la contraception rendrait leur femme infidèle, leur ferait avoir des jumeaux ou les empêcherait d’avoir des enfants.

Le gouvernement du Burkina Faso est conscient depuis un certain temps que le coût constitue une barrière significative à l’accès à la contraception des femmes et des filles. Le gouvernement a baissé de moitié le prix des produits contraceptifs en 2015, certains d’entre eux étant subventionnés jusqu’à 80 % avec l’aide des organisations régionales et internationales. En mai 2015, Amnesty International a été informée par le ministère des Finances que le gouvernement contribuait à hauteur de 500 000 000 francs CFA (836 454 dollars des États-Unis) par année au coût des produits contraceptifs. Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a indiqué aux chercheurs que les donateurs contribuaient à raison de 1 million de dollars des États-Unis pour égaler la contribution du gouvernement.

En 2015, le gouvernement a adopté la loi n° 061-2015/CNT portant prévention, répression et réparation des violences à l’égard des femmes et des filles et prise en charge des victimes. Cette loi érige en infraction pénale le fait que des hommes ou des garçons portent atteinte aux droits sexuels et reproductifs de leurs partenaires ou les limitent, en ayant recours à de la violence, de la contrainte, de la corruption ou de la manipulation, y compris en les empêchant d’avoir accès à la contraception.

La campagne Mon Corps Mes Droits au Burkina a pour but de lever les barrières à  l’accès à la contraception, de mettre fin au mariage forcé et précoce et leur impact sur la vie et la santé des femmes et des filles au Burkina Faso. La campagne a été lancée le 15 juillet 2015 et le rapport « Contraintes et privées de droits. Mariages forcés et barrières à la contraception au Burkina Faso » publié le 26 avril 2016. Cette campagne est le prolongement logique de l’étude que nous avons faite sur la santé maternelle en 2010 ‘’ ’ Donner la vie, Risquer la mort’’.

Les objectifs de la campagne:

  1. Les lois interdisant le mariage forcé et le mariage d’enfants sont renforcées et appliquées et l’Etat met en place un système de protection des filles victimes de mariage forcé et précoce (MFP).
  2. Les autorités prennent des mesures pour supprimer les obstacles financiers qui empêchent les femmes et les filles d’utiliser des moyens de contraception. Elles veillent également à ce que les femmes et les filles puissent avoir accès à un éventail complet de soins de santé, d’informations et de services et produits de contraception de qualité dans les centres de santé primaires.
  • Les victimes de viol reçoivent gratuitement un traitement prophylactique contre le VIH et les IST, une contraception d’urgence et un accès à des services d’avortement sûrs et légaux. Des professionnels de la santé sont spécifiquement formés pour fournir ce type de prise en charge. Ils disposent de protocoles à cet effet.

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